À travers son projet de décret électoral, le Conseil électoral provisoire (CEP) propose une réforme qui pourrait modifier de manière significative le fonctionnement du système politique haïtien. L’institution prévoit d’exiger des partis, regroupements et plateformes politiques une base minimale de 30 000 membres ou sympathisants pour pouvoir prendre part aux prochaines élections.
Prévue à l’article 139 du document, cette mesure établirait une nouvelle condition d’accès au processus électoral. Les organisations concernées devraient transmettre des listes contenant des données précises et vérifiables, notamment les noms, prénoms, sexe et Numéro d’identification nationale unique (NINU) de chaque adhérent déclaré.
Le CEP annonce également la mise en place de mécanismes de vérification destinés à repérer les inscriptions en double et à limiter les fraudes éventuelles. L’objectif affiché est de rendre le système partisan plus crédible et d’améliorer la transparence électorale.
Cette réforme intervient alors qu’Haïti compte actuellement plus de 320 partis enregistrés, un chiffre souvent associé à la forte dispersion de la classe politique. Pour l’institution électorale, ce seuil permettrait de s’assurer que les structures politiques disposent d’un véritable ancrage populaire avant de participer aux scrutins.
La proposition provoque toutefois des réactions et des interrogations dans les milieux politiques. Plusieurs acteurs doutent de la capacité des petites formations à réunir un tel nombre d’adhérents dans les délais prévus.
Si elle est adoptée, cette disposition pourrait devenir un critère décisif de représentativité pour les partis aspirant au pouvoir. Elle risque également de remodeler en profondeur le paysage électoral haïtien avant même l’ouverture officielle des candidatures.