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Société

Liberté de la presse : le CPJ presse le gouvernement d’abroger un décret controversé

5 mars 2026

19:27

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a adressé une lettre ouverte au Premier ministre par intérim Alix Didier Fils-Aimé pour dénoncer un décret jugé préoccupant sur la liberté d’expression. Cette mesure, promulguée en décembre 2025 par l’ancien Conseil présidentiel de transition, suscite de fortes inquiétudes dans les milieux de la presse.

Une alerte adressée à la Primature

Selon l’organisation internationale, le texte modifie profondément les dispositions relatives à la diffamation pénale. Il pourrait exposer les journalistes à des poursuites judiciaires, à des peines d’emprisonnement et à de lourdes sanctions financières pour des enquêtes portant sur la gestion des affaires publiques.

Des risques pour l’investigation journalistique

Le CPJ estime que ces dispositions risquent d’entraver le travail d’investigation, notamment dans les dossiers sensibles liés à la corruption. L’organisation critique également l’absence de consultation publique avant l’adoption de cette réglementation, qu’elle juge adoptée dans un climat d’opacité.

Dans sa correspondance officielle, le directeur régional pour les Amériques du CPJ, José Zamora, appelle les autorités à corriger la situation. Il estime qu’une abrogation du décret pourrait contribuer à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions publiques à l’approche des prochaines échéances électorales.

Le CPJ rappelle par ailleurs que le climat sécuritaire reste extrêmement préoccupant pour la profession. Haïti figure depuis plusieurs années parmi les pays les plus dangereux pour l’exercice du journalisme, où les reporters sont régulièrement confrontés à des menaces, des violences et une impunité persistante.

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