Un recrutement qui explose
L’effondrement progressif de l’État haïtien favorise une stratégie criminelle désormais assumée : l’enrôlement massif de mineurs pour renforcer les gangs et sécuriser leurs trafics. Les enfants deviennent une main-d’œuvre docile, facilement contrôlable dans un contexte d’insécurité généralisée.
Un rapport conjoint du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et du BINUH dresse un constat alarmant sur cette exploitation, concentrée surtout dans la capitale. Le document décrit un système structuré où la violence contre les mineurs est devenue un mode opératoire central.
Les chiffres sont sans appel : en 2025, le recrutement d’enfants par les gangs aurait triplé par rapport aux années précédentes. Ces mineurs représenteraient désormais entre 30 et 50 % des effectifs de plusieurs groupes armés.
Des rôles imposés par la terreur
Les garçons sont majoritairement utilisés comme guetteurs avant d’être contraints de participer à des enlèvements ou à des affrontements armés. Leur intégration passe souvent par des rites violents destinés à assurer leur obéissance totale.
Les filles, parfois dès l’âge de 12 ans, subissent une multiplication des abus sexuels et des formes d’esclavage domestique. Toute tentative de fuite est sanctionnée par des menaces de mort, instaurant un climat de peur permanente.
Face à l’inaction des autorités de transition, Human Rights Watch appelle à un renforcement immédiat des programmes de protection sociale. L’ONG insiste également sur la réouverture sécurisée des écoles, considérée comme un levier essentiel pour briser ce cycle de prédation.