Au tribunal fédéral de Miami, Martine Moïse a poursuivi pour une deuxième journée son témoignage dans le procès de quatre hommes soupçonnés d’avoir pris part au complot ayant conduit à l’assassinat du président Jovenel Moïse. L’ancienne Première dame a affirmé devant les jurés que l’ex-président Michel Martelly et l’ancien Premier ministre Ariel Henry auraient été impliqués dans la mort de son époux.
Elle a déclaré avoir déjà déposé une plainte visant Ariel Henry et estime que certaines personnalités actuellement influentes en Haïti seraient liées à ce crime. Selon elle, les soupçons parfois dirigés contre sa propre personne s’expliqueraient par le fait que les véritables responsables détiendraient aujourd’hui des positions de pouvoir.
Le récit de la nuit du 7 juillet 2021
Les jurés ont également entendu une reconstitution détaillée des événements survenus dans la nuit du Assassinat de Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021. Martine Moïse a expliqué avoir été réveillée par des coups de feu vers une heure du matin dans la résidence familiale située à Pétion‑Ville, avant d’avertir ses enfants puis de revenir dans la chambre où les assaillants ont fait irruption.
Touchée par balles, elle affirme avoir feint d’être morte pendant que les agresseurs fouillaient la pièce en s’exprimant en espagnol. Elle a aussi raconté avoir aperçu son mari grièvement blessé, décrivant une attaque qui se serait prolongée pendant près de quarante-cinq minutes.
La défense évoque des contradictions
Les avocats de la défense ont tenté de fragiliser ce témoignage en mettant en avant des divergences entre ses déclarations actuelles et celles qu’elle aurait faites auparavant aux enquêteurs du Federal Bureau of Investigation. Ils ont notamment interrogé l’ancienne Première dame sur certains détails liés au déroulement de l’attaque.
Malgré ces contestations, Martine Moïse a maintenu sa version des faits devant la cour. Elle a affirmé poursuivre sa quête de vérité et de justice, près de cinq ans après l’assassinat du chef de l’État haïtien.