Les affrontements armés qui secouent plusieurs quartiers de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets depuis le début du mois de mars ont déjà causé la mort d’au moins 390 personnes, selon les Nations unies. L’organisation précise que des civils ont été tués aussi bien à leur domicile qu’au moment de tenter de fuir les zones de combats.
Dans son évaluation couvrant la période du 6 mars au 16 mai, l’ONU indique que ces violences sont principalement liées à des rivalités entre groupes armés cherchant à renforcer leur contrôle territorial. Plusieurs habitants auraient également été exécutés après avoir été accusés de soutenir des factions adverses.
Les conséquences humanitaires continuent de s’alourdir avec plus de 10 000 déplacés recensés entre le 10 et le 15 mai, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Une grande partie des familles déplacées vit désormais dans une vingtaine de sites d’hébergement, tandis que d’autres trouvent refuge dans des quartiers déjà fragilisés par la crise.
Les Nations unies signalent aussi la destruction d’au moins 87 maisons et bâtiments publics, des incendies ayant paralysé plusieurs services essentiels, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, seulement une faible proportion des centres hospitaliers disposant de lits d’hospitalisation fonctionnerait encore normalement, aggravant davantage la situation des victimes et des déplacés.