Ancien directeur général du Fonds d’Assistance Économique et Sociale, il hérite d’un portefeuille stratégique dans une conjoncture marquée par la persistance des déséquilibres économiques.
Serge Gabriel Collin a été installé officiellement le 25 février 2026 à la tête du Ministère de l’Économie et des Finances, lors d’une cérémonie organisée au siège de l’institution en présence de membres du gouvernement et de hauts cadres publics.
La cérémonie, ouverte par l’hymne national, a été marquée par l’intervention du directeur général du MEF, Bouco Jean-Jacques, qui a présenté cette transition comme un acte de continuité administrative. Il a assuré que le personnel s’engage à soutenir le nouveau ministre dans l’application des priorités gouvernementales et le renforcement de la gouvernance financière.
Priorités, chiffres et engagements internationaux
Le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, assurant l’intérim à la Primature, a procédé à l’installation officielle en évoquant un environnement « difficile », caractérisé par plusieurs années de récession, une contraction du PIB et une crise sécuritaire persistante. Il a plaidé pour une gestion rigoureuse des ressources publiques, rappelant que chaque décision budgétaire doit servir l’intérêt général et accompagner le rétablissement de la sécurité ainsi que l’organisation des élections.
Prenant la parole, Serge Gabriel Collin a affirmé assumer ses nouvelles responsabilités « avec humilité et détermination », tout en décrivant une économie sous pression, marquée par une inflation de 25 % en 2025 et un écart préoccupant entre la progression des dépenses publiques, en hausse de 44 %, et celle des recettes, limitées à 8 %. Il a annoncé vouloir concentrer son action sur la mobilisation accrue des ressources internes, un meilleur contrôle des dépenses et la modernisation des régies fiscale et douanière, tout en mettant en garde contre un financement monétaire excessif susceptible d’aggraver l’inflation et la dépréciation de la gourde.
Le nouveau titulaire du MEF a également insisté sur la nécessité de réduire le décalage entre engagements et flux financiers effectifs, notamment dans le cadre du programme conclu avec le Fonds monétaire international. Il a appelé la Direction générale des impôts et l’Administration générale des douanes à améliorer la production et la transmission des données, estimant que la crédibilité financière de l’État repose sur la transparence et la cohérence de l’ensemble des entités rattachées au ministère.