Les audiences correctionnelles ont repris au tribunal de première instance de Port-au-Prince depuis le lundi 16 mars, après une interruption prolongée liée à un mouvement de grève des magistrats du parquet. Cette reprise constitue une tentative de réactiver une institution judiciaire affaiblie par plusieurs mois d’inactivité.
Face à des contraintes matérielles importantes, le doyen du tribunal, Me Bernard Saint-Vil, a dû adapter l’organisation interne en libérant son espace de travail afin de permettre la tenue des audiences au quotidien. Le rythme fixé prévoit l’examen de deux dossiers par jour, dans l’objectif de résorber progressivement l’arriéré judiciaire accumulé.
Les autorités judiciaires envisagent également la possibilité d’élargir les types d’audiences, notamment avec l’organisation prochaine de sessions criminelles sans jury, pour lesquelles une salle est actuellement en préparation. Cette perspective reste cependant encadrée par une certaine réserve, compte tenu des limites structurelles persistantes.
En parallèle, la situation globale du système pénal demeure préoccupante. Depuis plusieurs années, les sessions criminelles avec jury n’ont pas pu se tenir dans la capitale, en raison de contraintes sécuritaires, de difficultés logistiques et des déplacements de population qui compliquent la constitution des jurys.
Dans ce contexte, la reprise des audiences, illustrée notamment par l’intérêt observé lors de certaines affaires récemment traitées, traduit une volonté de relancer l’activité judiciaire. Toutefois, cette dynamique reste insuffisante pour répondre pleinement aux dysfonctionnements accumulés, en particulier la détention prolongée de nombreux prévenus en attente de jugement.