Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, ce 18 mai, au Palais national, la cérémonie officielle marquant le 223e anniversaire de la création du drapeau haïtien et la Fête de l’Université autour du thème : « Ansanm ak Grenadye yo, an n fè drapo a flote pi wo ». Cette célébration solennelle a rassemblé des membres du Gouvernement, des autorités universitaires, des représentants des forces de sécurité ainsi que plusieurs personnalités de la vie nationale.
Dans son discours, le Chef du Gouvernement a rappelé que le 18 mai 1803 demeure « l’un des actes les plus sublimes de l’histoire universelle », lorsque les ancêtres de la Nation ont uni le bleu et le rouge pour donner naissance au drapeau haïtien. Il a décrit cet acte fondateur comme « l’esprit d’un peuple tissé pour l’éternité », affirmant que le drapeau reste le symbole vivant du sacrifice, de la dignité et de la souveraineté nationale.
Le Premier ministre a rendu un hommage appuyé aux héros et héroïnes de l’indépendance, notamment Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe, Alexandre Pétion et Capois-la-Mort. Une pensée particulière a également été adressée aux figures féminines de la révolution haïtienne, parmi lesquelles Cathérine Flon, Cécile Fatiman, Sanite Bélair et Marie-Jeanne Lamartinière.
Le Chef du Gouvernement a averti qu’« un peuple qui oublie son drapeau renonce à sa souveraineté » et qu’« un peuple qui néglige le savoir pactise avec la servitude ». À cette occasion, il a lancé un appel à l’unité nationale afin de sortir le pays du bourbier dans lequel les gangs armés tentent de l’enfoncer, rappelant qu’Haïti demeure « un seul peuple, sous un seul drapeau ».
Abordant la question sécuritaire, le Premier ministre a réaffirmé sa détermination totale à combattre les groupes armés et à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Il a martelé le principe de « zéro tolérance » face au crime, affirmant que le Gouvernement ne négociera pas avec les gangs et ne tolérera aucune complicité avec les criminels, ajoutant que « depi w chwazi krim, ou pa onore memwa zansèt yo ».
Le Chef du Gouvernement a également tenu à rassurer la population quant à la capacité de l’État à rétablir la paix et la stabilité. Il a indiqué que la Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti et les forces spécialisées poursuivent leurs opérations afin de ramener la sécurité dans les quatre coins du pays, tout en appelant la population au calme et à la confiance envers les forces de l’ordre.
Sur le plan politique, le Premier ministre a garanti l’organisation d’élections crédibles, inclusives et sécurisées afin de permettre au peuple haïtien d’exercer librement sa souveraineté. Il a exhorté les acteurs politiques à rompre avec les pratiques du passé, à mener leurs campagnes dans le respect des principes démocratiques et à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation sur les divisions et les ambitions personnelles.
Le Premier ministre a également insisté sur le rôle fondamental de l’Université dans la reconstruction nationale et dans la préparation de l’avenir du pays face aux défis technologiques et scientifiques contemporains. Saluant le travail des enseignants et de la communauté universitaire, il a rappelé que l’avenir d’Haïti se construira par le savoir, l’innovation, la technologie et l’intelligence collective.
Prenant la parole au cours de cette cérémonie, le Recteur de Université d’État d’Haïti, Dieuseul Prédélus, a présenté l’Université comme un bastion de la souveraineté nationale et du patriotisme intellectuel. Il a plaidé pour la mise en place d’un pacte national de l’économie du savoir, la création d’un fonds national pour la recherche et l’innovation ainsi qu’un meilleur lien entre l’université et les besoins réels du pays.
En conclusion, le Premier ministre a appelé les Haïtiens à faire renaître « l’esprit du Congrès de l’Arcahaie » afin de dépasser les divisions et reconstruire ensemble la Nation. Réaffirmant que « l’Union fait la force » demeure la boussole du peuple haïtien, il a invité chaque citoyen à défendre le drapeau bleu et rouge comme le symbole suprême de l’unité, de la liberté et de la dignité nationale.